Paris en Selle a testé les nouveaux Vélib’


Vélib’ a dévoilé ce 25 octobre les vélos qui seront disponibles dans les stations de Paris et de 68 autres communes de la métropole à partir du 1er janvier 2018. Paris en Selle les a essayés.

Un nouveau vélo qui fait le plein de nouveautés : on est conquis

L’un est vert, l’autre est bleu. La couleur du panier et du garde-boue arrière permet de distinguer les Vélib’ à assistance électrique, les bleus, qui représenteront 30% de la flotte, des Vélib’ «normaux», les verts. De prime abord, le look n’est pas radicalement différent, mais le design fait plus moderne. La touche colorée apportée à ce nouveau modèle détonne face au gris souris du Vélib’1 et les rend moins passe-partout.

Cependant, la plus grosse révolution se trouve dans l’électronique embarquée. Fini, le temps des bornes où il faut déposer son pass Navigo ou sa carte Vélib’ pour déverrouiller le vélo. Désormais, tout passe par le «V-box», un boitier connecté placé sur le guidon. C’est par ce boîtier que l’on déverrouille le vélo pour le retirer d’une station. C’est aussi lui qui affiche la vitesse et la distance parcourue, et avec lequel on peut connecter son smartphone en bluetooth pour suivre un itinéraire. Au moment de rendre le vélo, il faut aussi passer par ce boîtier pour interrompre la location et bloquer la fourche. Et si l’on souhaite attacher le Vélib’ provisoirement, le temps d’acheter son pain par exemple, c’est aussi via ce boîtier que l’on pourra verrouiller le câble antivol : plus de petite clé que l’on a peur de perdre ! Aussi, tous les Vélib’ disposent d’une prise USB, accessible dans le panier, pour recharger son smartphone pendant qu’on roule.

Une prise USB permettant de recharger son smartphone est logée dans le panier

 

Quand on le prend en main, on voit que le Vélib’2 a le souci du détail. La poignée pour régler la hauteur de la tige de selle est beaucoup plus maniable, et la tige est graduée : pratique pour retrouver sa hauteur idéale rapidement. Ainsi, si l’on sait que la hauteur voulue correspond au «2» ou au «5», le réglage est effectué en un coup de main ! La forme du guidon permet d’adopter une position idéale pour des déplacements en ville, et un effort tout particulier a été apporté aux poignées, qui sont particulièrement confortables.

Le panier change radicalement par rapport au précédent modèle : du métal, il passe en plastique, ce qui permet une économie de poids non négligeable. Sa contenance est relativement semblable, mais il n’a plus de logement pour le câble antivol, celui-ci se trouvant dans la poignée droite du guidon. Révolu, le temps des gling-gling de l’antivol cognant sur le panier lors des traversées des pavés parisiens. Un élastique fait aussi son apparition : il permet de maintenir dans le panier toutes les affaires que l’on aurait envie d’y loger. Pratique. Et sur cet élastique se trouve une housse étanche permettant d’y glisser un smartphone. Attention tout de même si vous avez opté pour un modèle king size : il n’est pas sûr que les plus grands modèles rentrent dans la housse. Le choix du plastique interroge, surtout lorsque l’on sait ce que subissent les paniers des Vélib’. Le nouveau prestataire, Smoovengo, assure toutefois que ce matériau a déjà été testé dans plusieurs villes et qu’il est très résistant : à la fois solide pour supporter du poids, et souple pour encaisser des chocs. C’est à l’usage que l’on pourra voir si ce choix est judicieux.

Le panier est désormais en plastique, et une housse permet d’avoir son smartphone sous les yeux

La hantise de tous les utilisateurs de Vélib’ : ne pas trouver de Vélib’ au point de départ pour cause de station vide, ou ne pas trouver de place à destination pour cause de station pleine. Cette crainte pourra être partiellement résolue grâce à la technique de «l’overflow» qui doublera la capacité de toutes les stations. Ainsi, le matin, les stations pourront disposer de deux fois plus de vélos que de bornes, pour répondre à la demande à certains endroits, et il sera également possible de déposer son Vélib’ contre un autre en cas de station pleine. Pour cela, rien de plus simple : il suffira de rentrer son Vélib’ en marche arrière (dans le sens inverse des vélos accrochés aux bornes), de sortir l’antivol du guidon du Vélib’ présent à la borne pour l’accrocher sur le Vélib’ que l’on souhaite redéposer, et de le verrouiller via la V-box. Un bémol toutefois : un Vélib’ défectueux déposé en overflow bloquera de facto le Vélib’ accroché à la borne car il est impossible d’emprunter un Vélib’ dont la roue est dans la borne tant qu’un autre «supplémentaire» est accroché dessus.

Un Vélib’ électrique ? Oui, mais…

En perdant 2kg par rapport au Vélib’1, le Vélib’2 devient plus maniable dans sa version non électrique. Plus léger, plus confortable, il est plus agréable de pédaler dessus. Quant à la version à assistance électrique, elle pourra permettre de défier toutes les côtes parisiennes et franciliennes tellement l’assistance est puissante. Un regret toutefois : le réglage de la puissance de l’assistance électrique se fait sur son profil sur le site Vélib’ et ne peut pas se régler directement sur le vélo. Il est donc impossible de moduler l’assistance électrique en fonction des situations vécues, et de choisir ainsi une assistance faible lors d’un bouchon pour éviter les grosses accélérations, et une assistance plus prononcée pour gravir une côte. Aussi, la présence du moteur électrique dans la roue avant demandera un petit temps d’adaptation à certains : il faudra être particulièrement vigilant sur les sols meubles (sable par exemple) ou lors des passages de bordures pour éviter la chute. Ce moteur alourdit aussi sensiblement le Vélib’ et le rend moins maniable, lorsqu’il s’agit de le raccrocher à une station par exemple. On pourra aussi s’interroger sur la disponibilité des Vélib’ électriques dans les stations : si on souhaite n’emprunter que des Vélib’ électriques, il sera peut être difficile d’être certain d’en trouver à chaque fois que l’on souhaite.

En bleu, l’électrique, et en vert, le « classique »

Vivement un service effectif après une douloureuse période de transition

La fermeture des stations Vélib’1 a commencé au début du mois et commence à se faire sentir. Jusqu’au 31 décembre, la situation ne fera qu’empirer et il risque d’être de plus en plus difficile de se déplacer en Vélib’. Une petite pensée pour tous les utilisateurs de Vélib’ qui, en cette période de transition, découvrent parfois avec étonnement que leur station préférée a été fermée pendant la nuit.

Avec la mise en place des nouvelles stations, il est certain que les tarifs augmenteront, les actuels étant relativement faibles. La nouvelle grille tarifaire sera probablement prochainement dévoilée. Comme sur l’ensemble du projet, les associations cyclistes n’ont pas été consultées pour fixer les nouveaux forfaits. Il faut toutefois espérer que le trajet ponctuel en Vélib’ reste moins cher que le ticket de métro, ce qui permettrait de favoriser les déplacements à vélo.

[MISE A JOUR : les futurs tarifs ont commencé à fuiter via Le JDD. Le forfait annuel classique devrait passer de 29€ à 37,20€ (+28%). Le forfait à la demande (1,70€ pour 24h avec les 30 premières minutes gratuites) ne devrait pas être modifié. Nouveauté, un forfait mensuel pourrait être créé au tarif de 3,10€, incluant également la première demi-heure de chaque trajet. Enfin, les tarifs du vélib’ électrique devraient être de 8,30€ par mois, avec toujours le principe des 30 premières minutes gratuites, mais les demi-heures supplémentaires à 1€.]

Plus moderne, plus connecté, plus pratique, le Vélib’2 redonnera certainement un nouveau souffle aux vélos en libre service franciliens et contribuera sûrement au développement du vélo dans la Métropole du Grand Paris. Vivement le 1er janvier pour un test grandeur nature, et le 1er avril pour un service complet avec l’ouverture de 100% des stations parisiennes. Quant aux Vélib’1, JC Decaux a promis qu’ils ne finiraient pas à la décharge, mais seraient réutilisés ailleurs.