La loi d’orientation des mobilités (LOM) demande l’obligation de la suppression du stationnement motorisé sur les 5 mètres en amont des passages pour piétons. Cette mesure est impactante : les collectivités ont jusqu’au 31 décembre 2026 pour la mettre en place !
Article 52
La section 1 du chapitre VIII du titre Ier du code de la voirie routière est complétée par un article L. 118 – 5‑1 ainsi rédigé :
« Art. L. 118 – 5‑1.-Afin d’assurer la sécurité des cheminements des piétons en établissant une meilleure visibilité mutuelle entre ces derniers et les véhicules circulant sur la chaussée, aucun emplacement de stationnement ne peut être aménagé sur la chaussée cinq mètres en amont des passages piétons, sauf si cet emplacement est réservé aux cycles et cycles à pédalage assisté ou aux engins de déplacement personnel.
« Les dispositions du présent article sont applicables lors de la réalisation de travaux d’aménagement, de réhabilitation et de réfection des chaussées. Les travaux de mise en conformité doivent avoir été réalisés au plus tard le 31 décembre 2026. »
Les bénéfices de cette mesure sont doubles :
- d’une part et c’est l’objectif principal, la co-visibilité offerte par ces réaménagements autour des passages piétons apporte doit permettre un meilleure respect des priorités. C’est d’autant plus vrai dans les municipalités ayant mis en oeuvre la limitation à 30km/h, ce qui est le cas de Paris depuis le 30 août 2021 à quelques exceptions près.
- d’autre part, pour les cyclistes du quotidien, c’est la perspective de disposer d’arceaux vélos pour stationner lors de ces déplacements à tous les passages piétons. Si cela ne permet pas forcément de sécuriser son vélo pendant les nuits, c’est un grand confort pour les déplacements utilitaires de pouvoir compter sur du stationnement à proximité de sa destination.
Le CEREMA a publié dès 2021 des recommandations allant un peu plus loin que les obligations de la loi, notamment dans le cas des rues à sens uniques avec un double sens cyclable.


Sur le papier, tout est donc très clair. En pratique, 3 questions subsistent :
- le périmètre : la doctrine parisienne sur l’application de la LOM reste floue à l’heure actuelle. On voit en effet parfois une application des recommandations du Cerema en neutralisant les places des deux côtés en amont des passages piétons dans le sens des motorisés dans le cas d’une rue à sens unique avec double sens cyclable. Et parfois pas…
- le calendrier : à Paris, depuis 2020, la mise en oeuvre de cette obligation s’est faite au fil de l’eau, lors des rénovations de voirie. En gros, quand a rue est refaite (à l’identique ou lors d’un réaménagement), les passages piétons sont alors mis en conformité. A l’approche de l’échéance de la fin 2026, il apparaît toutefois que le nombre de rues restant à traiter est important et qu’il est nécessaire de prévoir une mise en conformité dans un exercice spécifique, sans attendre de refaire les rues concernées comme cela ne pourra être fait dans les temps.
- le mode de neutralisation : il arrive encore fréquemment que la neturalisation soit réalisée avec un simple marquage “VÉLO”. Sur le papier, cela n’autorise que les vélos (free-floating en pratique, faute de pouvoir sécuriser son propre vélo). En pratique le respect de tels aménagements n’est que très relatif. La pose d’arceaux rend le dispositif beaucoup plus efficace pour assurer la visibilité des piétons (en plus de permettre de stationner son vélo)


1. Lors de travaux de voirie, toujours vérifier que cet aspect est traité et interpeller rapidement les services de voirie s’il y a un doute. Il y a encore très souvent des ratés.
2. On peut aussi mener un exercice de relevé des passages à traiter pour faire ouvrir les yeux aux élus sur l’ampleur de la tâche à réaliser pour pousser la mise en place d’un programme de mise en conformité dédié. Voici ce que cela donnait en mai 2025 pour un des 10 quartiers du 15e arrondissement :